I - L’ouverture de la spirale -
Je me suis vu dans mille éclats,
Des vies perdues, je ne sais pas.
Des mondes ouverts, d’autres fermés,
Certains en feu, d’autres figés.
Dans l’un je règne sans erreur,
Un monde d’ordre, sans douleur.
Aucune guerre, aucun tourment—
Mais l’âme y meurt lentement.
Ce faux parfait, si bien poli,
Cache le vide, cache l’oubli.
Sous l’or, je sens l’esprit qui dort,
D’un calme doux, mais qui dévore.
II - Le Mensonge de la Lumière -
Pas de tempête, pas de chute,
Un faux jardin sans même de lutte.
Sans la noirceur, nul éclat vrai—
La paix étouffe ce qu’on est.
Sans chaos, la vie s’éteint,
Sans conflit, l’arbre n’a plus rien.
L’ennui s’infiltre dans les chairs—
Et la lumière devient amère.
Le héros né sans opposition
Ignore le prix du nom qu’il fonde.
La vie trop douce devient prison—
Et la clarté, poison sans ombre.
III - Flammes, Chute et Rédemption -
Je choisis l’ombre et le trépas,
Les jours de doute, le froid du bas.
Car dans les failles, le feu s’élève—
Là où le vrai quitte le rêve.
La corruption forge l’esprit,
Les cicatrices sont des cris.
C’est dans la chute et dans la nuit
Que l’on allume ce qui luit.
La rédemption vit dans la cendre,
Dans les éclats qu’on n’ose prendre.
Laisse hurler le vent, le sort—
L’âme s’éveille au bord de mort.
IV - L’invocation finale -
Garde ton monde indolore,
Où rien ne tremble, rien ne mord.
Moi je poursuis la spirale ardente,
Où chaque flamme forge et chante.
Rien n’est figé, rien n’est certain,
Mais chaque blessure trace un chemin.
L’écho m’appelle du fond des cendres—
Et de ce chaos… je vais enfin comprendre.